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L'AAC doit soutenir le voyage, pas être la destination

Publié le 8 février 2026 | 6 min de lecture

Quand un enfant reçoit une application AAC, quelque chose d’important se produit. Il obtient une voix. Pour de nombreuses familles, ce moment est bouleversant. Mais voici une question qui n’est pas assez posée : qu’est-ce qui se passe ensuite ?

Pour la plupart des applications AAC, la réponse est : rien ne change. L’application reste la même. Les tableaux restent identiques. L’enfant a un appareil de communication et l’objectif est qu’il l’utilise bien. C’est la destination.

Nous pensons qu’il y a une meilleure question à poser. Et si l’AAC n’était pas la destination du tout ? Et si c’était une partie du voyage ?

Le fonctionnement habituel de l’AAC

La plupart des applications AAC suivent un schéma familier. Un enfant est évalué, une application est choisie, et quelqu’un (généralement un orthophoniste, un enseignant ou un parent) met en place des tableaux de communication avec des mots et des phrases dont l’enfant a besoin. L’enfant apprend à naviguer sur ces tableaux et à appuyer sur les bons boutons pour s’exprimer.

Ce modèle fonctionne. Des millions de personnes communiquent efficacement grâce à l’AAC chaque jour, et cette communication est réelle, valide et importante. Rien dans cet article ne doit être interprété comme suggérant le contraire.

Mais voici ce que nous avons remarqué : pour de nombreux jeunes enfants, surtout ceux sur le spectre autistique, la communication n’est pas un état fixe. Ces enfants évoluent. Leurs capacités linguistiques changent. Certains développeront le langage oral. D’autres deviendront des utilisateurs fluides de l’AAC. D’autres encore utiliseront un mélange des deux. La seule chose qu’ils ont en commun, c’est qu’ils sont tous en voyage, et leurs outils doivent refléter cela.

Que signifie « voyage » en pratique

Quand nous disons que l’AAC doit soutenir le voyage, nous voulons dire quelque chose de précis. Nous voulons dire que l’outil lui-même doit aider l’enfant à apprendre, pas seulement à communiquer.

Il y a une différence importante entre ces deux choses :

Communication d’abord

L’enfant appuie sur « Je veux du jus » et l’appareil le dit. L’enfant a obtenu ce dont il avait besoin. La tâche est terminée.

Apprentissage d’abord

L’enfant explore des mots sur la nourriture, découvre « jus » dans son contexte, l’entend prononcé, commence à comprendre comment il se rattache à « boire », « verre » et « s’il vous plaît ». Le langage grandit.

Les deux comptent. Mais la plupart des applications AAC ne font que la première. L’appareil parle à la place de l’enfant, et c’est là que cela s’arrête.

Une approche axée sur l’apprentissage considère chaque interaction comme une occasion de construire la compréhension. L’enfant n’utilise pas seulement le langage. Il l’absorbe. Il apprend ce que signifient les mots, comment ils se rapportent les uns aux autres et comment les phrases sont construites.

Pourquoi la compréhension compte pour chaque enfant

Voici quelque chose que les parents n’entendent pas toujours des professionnels : un enfant qui ne parle pas peut tout de même comprendre beaucoup.

Des recherches de l’Autism Research Institute ont montré que les enfants autistes non verbaux ou peu verbaux comprennent souvent bien plus de langage qu’ils ne peuvent en produire. Cet écart entre compréhension et production est bien documenté dans le domaine.

Cela compte car cela signifie que l’apprentissage du langage a de la valeur pour chaque enfant du spectre, que cet enfant finisse par parler, communique principalement via un appareil ou utilise une combinaison des deux.

Le point est que le voyage de chaque enfant est différent, et aucun n’est un échec. Un outil qui enseigne le langage a de la valeur, peu importe le chemin emprunté par l’enfant.

À quoi cela ressemble avec ChirpBot

Lorsque nous avons créé ChirpBot, cette idée a guidé chaque décision de conception. Au lieu de partir d’une grille plate de boutons de communication, nous avons construit un système à 7 niveaux qui enseigne le langage de manière progressive :

  1. Niveau 1 - Mots simples : nourriture, animaux, personnes, lieux. Concrets, familiers, significatifs.
  2. Niveau 2 - Mots d’action sont introduits. « Manger », « aller », « jouer ». L’enfant commence à relier les noms aux verbes.
  3. Niveau 3 - Personnes et pronoms. « Moi », « toi », « maman », « papa ». Le langage devient personnel.
  4. Niveau 4 - Descriptions. « Grand », « chaud », « rapide ». L’enfant peut maintenant qualifier ce qu’il veut dire.
  5. Niveau 5 - Temps. « Maintenant », « plus tard », « matin ». La pensée abstraite commence.
  6. Niveau 6 - Émotions. « Heureux », « effrayé », « frustré ». Le vocabulaire émotionnel s’ouvre.
  7. Niveau 7 - Communication complète. Phrases, connecteurs grammaticaux, expression complexe.

Chaque niveau s’appuie sur le précédent. Un enfant n’arrive pas directement aux phrases complexes. Il progresse vers elles de la même manière que tous les enfants apprennent le langage : en partant du concret et du familier pour s’étendre progressivement.

Les enfants explorent ces mots par découverte. Ils tapent

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